Camp du Struthof avant 1954.

Le 1er mai 1941, au lieu dit le Struthof, les nazis ouvrent un camp de concentration [Konzentrationslager], le KL-Natzweiler. […] Seul camp de concentration sur le territoire français, il est situé en ce qui était alors l’Alsace annexée. […]

Lieu de travail au profit de l’industrie de guerre nazie, le camp abrite aussi les expérimentations médicales des professeurs nazis de l’Université du Reich de Strasbourg.

Le 25 novembre 1944, les Alliés découvrent le site évacué par les nazis depuis septembre. Pour certains déportés des camps annexes, le calvaire se prolonge au cours du printemps 1945 par les marches de la mort.

De 1941 à 1945, le KL-Natzweiler est l’un des camps les plus meurtriers du système nazi. Près de 22 000 déportés y sont morts (3 000 dans le camp central, plus de 17 000 dans ses camps annexes).

D’après le site du Camp du Struthof et du Centre européen du Résistant Déporté

Montage Live Drone des images aériennes du camp de concentration Natzweiler-Struthof,
tournées pour l’Élysée à l’occasion de la commémoration du camp
par le Président de la République François Hollande
lors de la Journée de la Déportation du 26 avril 2015.

Une expérience mémorable…

Mardi 29 mai 2018,

En cette belle journée ensoleillée de printemps, toutes les classes de Troisième du Collège Saint-Joseph de Matzenheim sont parties pour visiter le camp du Struthof. L’objectif était de découvrir et de s’imprégner de la vie et des horreurs qu’ont vécu les déportés juifs, gitans, résistants ou récalcitrants dans ce camp. Notre voyage a duré environ une heure trente, sillonnant la vallée de Schirmeck, traversant des paysages bucoliques, puis à la fin des zones escarpées sur des routes sinueuses. Selon les instructions des professeurs et après l’attribution de chaque groupe d’élèves à un tuteur, nous descendons du bus.

Nous sommes immédiatement face à une image d’horreur : un immense portail couvert de fil barbelé se dresse à l’entrée du camp. Son imposante masse nous glace, balayant toute indifférence et jetant le froid sur le groupe. Nous pénétrons dans l’enceinte même et entamons la visite. Des innombrables baraques qui s’y trouvaient, il reste le marquage des emplacements étagés sur une pente raide. Quelques unes sont conservées. Chacune d’entre elles avait sa fonction : la majorité dortoir mais aussi cuisine, four crématoire ou encore prison. Tout le camp était concentré sur un seul et même espace réduit mais densément occupé. Nous descendons le chemin pentu, limite fixée aux détenus comme les clôtures ; et au-delà desquelles ils étaient éliminés irrémédiablement. Les miradors se détachent sur un ciel gris, silhouettes menaçantes, signes de menace et de mort certaine. Tout le camp est ainsi clos.

Nous continuons notre visite par les baraques. Dans la prison, de minuscules cellules sont réparties de part et d’autre d’une longue allée principale sombre et lugubre. Une baraque précise a retenu mon attention ainsi que celle de mes camarades : le four crématoire. Une fois entrés, nous faisons face à un four dans la gueule duquel apparaît un brancard en fer. L’horreur est sous nos yeux ! Combien de corps innocents a-t-il enfournés ? Des images atroces nous viennent dans notre imagination, celles de tous ces gens assassinés par des monstres sadiques et aux ordres. Nous restons abasourdis devant ce spectacle. Nous poursuivons alors le long d’un couloir étroit au bout duquel nous arrivons à la salle d’autopsie. Elle servait aux diverses expériences que menaient des médecins sans âme et sans compassion, sans foi ni loi autre que le culte d’une race aryenne soi-disant pure et supérieure. Une table chirurgicale trône tel un piédestal funèbre au milieu de la pièce. Des rainures s’y distinguent entre les carreaux de faïence, permettant l’écoulement du sang des victimes abattues. Une impression d’épouvante glacée a traversé le groupe dans ces lieux. Tout cela, en partie du moins, au nom d’une recherche soi-disant médicale à l’hôpital de Strasbourg.

L’ensemble de la visite a duré une bonne heure. Nous sommes rentrés au Collège, encore sous le choc et l’émotion de toutes ces monstruosités redécouvertes. Ce fut une belle leçon d’histoire et de vie qui nous a confirmé qu’un peuple, sous l’impulsion et la conduite d’un groupe aux ordres d’un fou peut conduire à la pire des bestialités. Nous avons une chance inestimable de vivre dans les conditions actuelles, et notre visite ne peut que nous conforter à forger notre culture du respect des autres. Mais sommes- nous à l’abri d’une résurgence d’une idéologie folle et totalitaire ? Restons vigilants, l’histoire a trop tendance à se répéter.

Texte d’Émilien WOLFF, élève en 3ème A
Photos d’Alexis DUMOULIN, élève en 3ème B