| La Congrégation des Frères de la Doctrine chrétienne |
Au chevet de la Congrégation Frère Jean-Claude Anheim est depuis cet été le nouveau Supérieur général de la Congrégation des Frères de la Doctrine chrétienne. Auréolé de cette "charge", selon ses termes, il part aujourd’hui à Madagascar pour visiter la communauté sur laquelle de nombreux espoirs reposent.
Tous les six ans, la Congrégation, qui suit un objectif apostolique dans l’enseignement et l’éducation, tient son chapitre général en présence de l’évêque de Strasbourg (la Congrégation est un établissement diocésain, ndlr). "C’est une espèce d’assemblée générale, avec rapports moral et financier" indique frère Jean-Claude. Comme pour n’importe quelle assemblée, le chapitre général permet aussi de renouveler le conseil de la Congrégation (cinq membres dont le Supérieur général). Quinze frères (dont sept de Madagascar) ont participé au dernier chapitre général en juillet. À cette occasion, frère Jean-Claude, membre du conseil depuis 1973, est devenu le nouveau Supérieur général. "L’ancien Supérieur, frère Yves, avait fait deux mandats. Il ne pouvait à nouveau être élu à moins d’avoir les deux tiers des voix dès le premier tour et une autorisation de Rome", explique le nouveau Supérieur. Frère Yves n’ayant pas recueilli les voix suffisantes, l’élection s’est poursuivie par l’organisation d’autres tours, jusqu’à ce qu’une majorité se dégage. "Normalement, on ne peut refuser ce poste sauf raison importante". Malgré ses réticences, frère Jean-Claude a accepté de "s’occuper de la bonne marche de la Congrégation" pendant les six prochaines années. L’animation du conseil de Congrégation et la participation aux conseils d’administration des établissements placés sous la tutelle de la Congrégation (le Collège de Matzenheim et les instituts Mertian à Ehl et Andlau notamment) font partie des missions qui lui incombent désormais. "Ça ne prend pas forcément beaucoup de temps, mais la responsabilité peut peser", estime frère Jean-Claude. Comme il le rappelle toutefois, les autres conseillers sont là pour l’épauler. Ils ne seront pas de trop pour mener à leur terme les deux grandes réformes qui attendent la Congrégation ces prochaines années. La première concerne le statut de la Congrégation. L’évêché lui a demandé de devenir une Congrégation de droit pontifical (directement sujette à l’autorité du Saint-Siège). "Il faudra que je prépare ce dossier avec Bernard Xibaut, chancelier de l’évêché. Cela nécessitera quelques voyages à Rome". Pour l’heure, c’est vers Madagascar que frère Jean-Claude s’envole aujourd’hui, pour deux semaines. Ce voyage a pour objectif de rendre visite à la communauté malgache des Frères de la Doctrine chrétienne. Il permettra peut-être également de poser les premiers jalons de la seconde réforme : le transfert des centres de décision de la Congrégation à Madagascar. À Matzenheim, les Frères qui composent la Congrégation ne sont plus que 12. Aucun n’a moins de 60 ans. Cette raréfaction est "propre à toute l’Europe occidentale, selon le nouveau Supérieur. La plupart de nos forces vives sont à Madagascar." Là-bas, la Congrégation peut compter sur 35 frères. "À Madagascar, nos frères sont jeunes. Il faut les fidéliser et les guider", poursuit frère Jean-Claude, qui assistera le 25 octobre à une fête où deux frères malgaches vont prononcer leurs vœux perpétuels. L’avenir de la Congrégation passe inévitablement par Madagascar, communauté qui date de 1957 (le chanoine Eugène Mertian a fondé la Congrégation des Frères de la Doctrine chrétienne en 1845). Certains signes sont là pour le confirmer. Lors du chapitre de juillet dernier, deux frères malgaches ont été élus au conseil alors qu’il n’y en avait qu’un jusqu’à présent. Frère Jean-Claude s’avance déjà sur le futur organigramme de la Congrégation : "On peut supposer qu’on conservera ici un Supérieur provincial tandis que le Supérieur général sera sûrement à Madagascar". Et oublie un instant les doutes qui ont pu accompagner son élection. "Nous allons donner notre énergie et notre enthousiasme pour gérer cette fin". Article des Dernières Nouvelles d'Alsace du Dimanche 18 octobre 2009 |