Fabuleux fabulistes
(Novembre 2010)

 

 

C'est un travail collectif (les plumes parentales et professorales ont été un tantinet mises à contribution) qui a permis à chacun de réciter en classe, soit sa propre fable soit celle d'un copain... et, dans ce cas, ça n'a pas toujours été facile de réciter sans se tromper, avec l'auteur sous les yeux !

Joanna BARTHE, professeur de Français


 

Le Requin et la Sardine

Le requin nageait dans les grands fonds :
Pas un poisson à l'horizon.
Une sardine passa par là :
Le monstre affamé la pourchassa.
"- Je vais vous manger", lui dit-il.
"- Attrape-moi si tu peux",
Répondit-elle au carnassier agile.
"- Mais non, je suis bien trop vieux !"
La sardine, pas si sotte,
Se cacha dans une grotte.
Le squale, bien irrité, l'attendit,
Peinant à réfréner son appétit.
Mais le petit poisson, plus malin,
S'échappa par un autre chemin.
Le pauvre requin, de faim mourant,
Partit sans rien se mettre sous la dent.

Moralité :
Ce n'est pas parce qu'on est le plus grand
Qu'on est le plus intelligent.

Thomas STAEBLER (6ème A)


Le Chat et le Tigre


Un tigre se promenait lorsqu'il rencontra
Son cousin le chat
Qui s'apprêtait à chasser
Un souriceau croquignolet.
Le tigre arrogant pria son compère
De le laisser faire
Mais le grand félin resta sur sa faim :
Sa trop grosse patte ne lui servait à rien.
Le chat, exaspéré, d'un coup de griffes,
Attrapa alors le fugitif.

Moralité :
Nul besoin de force mais d'habileté.

Juliette BASLER (6ème A)


Le Léopard et l'Antilope

Un cruel léopard achevait son maigre déjeuner
À l'ombre d'un palmier.
Il aperçut une antilope un peu naïve qu'il invita
À venir partager ce pauvre encas.
"- Partager ? En êtes-vous certain ?
Je ne voudrais point vous priver !"
"- Pas le moins du monde", répondit le félin.
"- Alors j'arrive", déclara celle-ci, enchantée.
D'un pas joyeux et pleine d'entrain,
Elle sautilla vivement vers l'animal rusé.
La bête tachetée voulut lui sauter au cou
Mais l'antilope eut tôt fait de se réfugier hors de sa portée.
" Me croyez-vous naïve à ce point, espèce de vieux filou,
Pour me laisser ainsi dévorer ?
Malgré mon apparence candide,
Je ne suis pas stupide !"

Moralité :
Prudence est mère de sûreté.

Joséphine BERTHIER (6ème A)


Le Paon et la Poulette

Monsieur Paon aimait à se pavaner
Pour attirer sur lui tous les regards.
Madame Poulette aimait surtout manger,
Sans prêter attention à ce vantard.
Vexé par ce manque d'intérêt,
Notre vaniteux se moqua :
"Si j'étais aussi laid et gras que toi,
Loin de tous, honteux, je me cacherais !"
Humiliée tout d'abord, la poulette s'isola
Puis, en l'ignorant, elle chanta de sa plus belle voix.
Un air doux et mélodieux s'éleva vers le ciel.
La basse-cour se tut. On ne voyait plus qu'elle...
Depuis notre chanteuse est connue mondialement ;
On ne peut en dire autant du vaniteux paon.
Chacun de nous possède de belles qualités,
La beauté physique n'a pas l'exclusivité.

Jeanne SIBEAUD (6ème A)


L'Aigle et le Pigeon

Un aigle et un pigeon étaient perchés sur un arbre vert :
L'aigle exhibait son taille basse, sa casquette à l'envers
Et son portable avec lequel il écoutait de la musique.
Le pigeon était affublé d'un t-shirt démodé et d'un jean classique.
L'aigle se moquait de l'oiseau gris, narquois :
"T'as acheté ton t-shirt aux puces, ou quoi ?
Et ton jean, c'est celui du livreur de fleurs ?"
Le pigeon laissait dire ce gros frimeur.
C'est alors qu'une souris vint à passer :
Le pigeon s'empressa de s'envoler pour la gober
Tandis que son voisin était encore à le railler.
Le pigeon se régala,
L'aigle fulmina.

Moralité :
La méchanceté ne nourrit pas !

Sandrine KLINGLER (6ème A)


Le Paon et la Poulette

Un paon ravissant, aux mille atours,
Se pavanait au milieu de la basse-cour.
De sa démarche ampoulée,
Le roi plumé entra dans le poulailler
Pour trouver chaussure à son pied.
De sa voix haut perchée,
Il criailla et brailla pour se faire remarquer :
Une poule à l'abdomen développé vint alors le saluer.
Cette cocotte fut ainsi reçue par le paon sans cœur :
"Que tu es laide, bête et grassouillette !"
Déçu de ne pas trouver de compagne à sa hauteur,
Le paon repartit, solitaire et sans poulette.
La grassouillette, de son côté, trouva sa moitié
Et depuis, roucoule avec un aimable gallinacé.

Moralité :
La beauté ne fait pas le bonheur.

Hugo LEDIG (6ème A)


L'Aigle et le Pigeon

Un aigle majestueux
Sur un lampadaire était perché.
Au sol, un petit pigeon gracieux,
S'entraînait à s'envoler.
Du haut de son réverbère,
L'aigle ricanait pour le ridiculiser.
Le pigeonneau ignora son confrère
Pour se concentrer et décoller.
Mais l'aigle poursuivit ses moqueries,
Alors, désemparé, le petit pigeon lui dit :
"Toi qui rigoles,
Montre-moi comment tu voles !"
L'aigle accepta
Et, superbement, s'envola.
Mais un orage violent éclata :
Pris de panique, au sol, l'aigle s'écrasa.

Moralité :
Il ne faut jamais se croire supérieur aux autres
Car nul n'est à l'abri de la faiblesse et du danger.

Jean KLEIN (6ème A)


La Souris et le Lion

Au volant de sa Porsche, une petite souris
S'en allait gaiement, roulant comme une casse-cou.
C'est alors que, dans un fossé, elle vit
Le roi des animaux, coincé et plein de courroux.
"- Eh, le lion, qu'as-tu ? Je te vois bien marri !
Aurais-tu perdu quelque chose ? Que fais-tu la tête en bas?
- Au lieu de te moquer, tu ferais mieux de me sortir de là,
Sinon, par ma foi, je jure que je t'ôterai la vie !"
La souris embraya, mit la marche arrière :
"Eh, le lion, accroche-toi à mes pare-chocs,
Je vais te tirer de là. Arrête tes prières
Et ne m'en veux pas trop si je me moque."
Elle fit rugir son moteur ainsi que le lion,
Et le tira de là, pleine de compassion.
"Je puis avoir besoin de lui", se dit-elle.
Elle avait vu juste car, à conduire comme une folle,
Elle ne tarda pas, elle aussi, à déraper sur une tôle.
La Porsche fit une embardée, se ramassa une pelle,
Tant et si bien que le trou qui avait accueilli le lion
Fut pour elle un puits d'où elle cria sa déception.
"- Le lion, le lion, reviens ! Je suis coincée aussi !
- Ah, ma mie ! Je te dois bien ça, tiens ! Prends le bout !"
Sans se faire prier, aussitôt sa bonne action il fit,
Avec sa queue qu'il glissa jusque dans le fond du trou.
La petite souris s'agrippa, sortit, le museau un peu contrit
Et se dit que, ma foi, c'était bien moche
Puisqu'il ne suffisait pas d'avoir une belle Porsche
Pour s'en sortir dans la vie.

Tanguy BURCKEL (6ème A)

   

Le Cerf et le Castor

Un castor, très agile et fort rusé,
Voulait ronger le bois du cerf
Qui, très assoiffé,
S'abreuvait à la rivière.
Le cerf, pris de peur, s'enfuit
Mais le castor le poursuivit
Jusqu'à la tombée de la nuit.
Quand il fut trop fatigué,
Le cerf, assez âgé, voulut se reposer :
Il alla demander l'hospitalité
À son ami le sanglier.
Face à ses deux ennemis,
Le castor se dit :
Plutôt reculer
Car la sagesse de l'aîné
L'emporte sur l'agilité du rusé.

Moralité :
Mieux vaut battre en retraite
Que perdre la bataille !

Louis HIMBER (6ème A)


Le Renard et le Lièvre

Un renard croisa un lièvre arrogant
Qui tenait triomphalement
Dans sa patte, une carotte.
Le rusé lui proposa une course jusqu'à la grotte.
En dépit des efforts fournis,
Le renard perdit.
Poussé par la sournoiserie,
Il lui lança à nouveau le même défi.
Le lièvre, fier d'avoir une première fois gagné,
S'empressa de détaler,
Oubliant sa carotte sur le sentier.
Quand le lièvre se fut bien éloigné,
Le renard s'en empara pour la déguster.
Cette fable montre qu'il ne faut jamais
Laisser la gloire nous faire perdre la tête.

Younes TOUAHRIA (6ème A)


Le Pigeon et l'Aigle

Un pigeon très ringard
Vivait caché dans un hangar
Car un aigle le raillait toujours
De ne pas être à la mode du jour.
Pourtant ce dernier lui dit :
" Je te lance un défi :
Vois-tu ce joli canari dans ce beau logis?
Je te parie que je l'attrape avant toi
Pour en faire mon repas !"
Le pigeon lui répondit :
" C'est ce que nous verrons !"
Mais l'aigle ne connaissait rien aux habitations
Et vers la fenêtre où chantait le petit être,
Il fonça et se fracassa la tête.
Le pigeon eut alors le mot de la fin :
"Il est certes à la mode
Mais il n'en est pas plus malin !"

Émilie RISSER (6ème A)


Le Pur-sang british et l'Âne ringard

Un âne pouilleux vint à cotoyer
Le box bien nettoyé d'un équidé :
Le pur-sang anglais, Rodrigue de La Vallée Fleurie,
N'en fut guère ravi !
Gustave l'âne, heureux de le rencontrer,
S'empressa de se présenter :
"- Bonjour ! Qui es-tu ?
- Moi, c'est Gustave, l'âne têtu !
- Ne sais-tu point vouvoyer ?
Qui t'a permis de me tutoyer ?"
L'âne, surpris par cette remarque,
S'en retourna dans son parc.
Or, à l'écurie, était organisé
Un défilé de prêt-à-porter.
Le pur-sang revêtit un costard-cravate gris,
Comme les banquiers de la City.
Gustave, lui, choisit sa tenue :
Veston jaune flashy et jeans décousus !
Le jury réfléchit
Et élut le plus joli :
On élimina l'étalon élégant mais méprisant
Et l'âne excentrique fut déclaré gagnant.
Le bourricot, surpris par sa victoire,
Profita de son quart d'heure de gloire,
Mais quand il vit Rodrigue se lamenter,
Il lui dit, amusé :
"- Ne te lamente pas,
Mais réjouis-toi
Car tu es le gagnant :
Je te cède mon rang."

Moralité :
Les apparences sont parfois trompeuses.

Joanne FABER (6ème A)


Le Lièvre et la Pie

Par un beau jour de juillet,
Un lièvre fatigué sortit de son terrier,
Envahi par les herbes folles de l'été
Et bordé par une clôture abimée.
Sa voisine, la pie précieuse,
Assise au bord de son nid, joyeuse,
Contemplait les objets dorés
Qu'elle avait dérobés.
La pie héla son voisin,
Et lui fit ce reproche mesquin :
"- Votre gazon n'est pas tondu
Et votre clôture est mal entretenue !
- Votre remarque m'ennuie :
Car si mon nid ne vous a pas plu,
Je peux, à mon tour, juger votre logis.
À bon entendeur, salut!"

Moralité :
Il faut toujours balayer devant sa porte
Avant de s'occuper de celle du voisin.

Alexandre ANDRES (6ème A)


La Souris et l'Éléphant

Par un beau matin d'été,
Une souris et un gros éléphant
Se promenaient dans les prés,
En dansant, en chantant.
"- Tu ne sers à rien", disait le gros animal,
"Alors que moi, je suis plus fort qu'un chacal !
- Je sais bien", répondait la petite souris,
"Que je suis à peine plus forte qu'une fourmi."
Mais soudain l'éléphant tomba au fond d'un trou :
Le pachyderme avait mal et criait comme un loup.
La souris, paniquée, surmonta sa frousse
Et alla quérir ses sœurs à la rescousse.
Ensemble, elles tirèrent, tirèrent, tirèrent,
Et de son trou le dégagèrent.
L'éléphant aurait bien aimé sauter de joie
Mais il se contenta de dire qu'on a toujours besoin
D'un plus petit que soi.

Juliana ROOS (6ème A)


Le Lièvre et le Renard

Un lièvre, en son terrier,
Cuisinait un steak haché...
Un renard, par l'odeur alléché,
Se permit d'entrer
Mais fut vite prié de s'en aller
Par le cuisinier qui ne voulait pas partager.
Humilié et vexé,
Le rouquin organisa un banquet
Rempli de victuailles au bon fumet,
Auquel le lièvre ne fut point convié.
Dépité, le lièvre ne songea pas même à se venger,
Car le renard proposa de se réconcilier,
Ce que le lièvre s'empressa d'accepter.

Moralité :
On récolte toujours ce qu'on a semé.

Télia JUCHS (6ème A)


La Girafe et la Souris

Une souris demanda à une girafe en train de manger :
"Pourrais-tu m'aider à grimper en haut de ce pommier ?"
Celle-ci rétorqua : "Toi ? Grimper sur mon dorsal
Avec tes pattes toutes sales ?
Sûrement pas! Tu vas salir mon beau pelage doré
Et risquer de casser mon magnifique collier !"
La souris repartit fâchée.
Le lendemain, la girafe fit tomber son collier dans un terrier.
Désespérée, elle demanda à la souris :
"Pourrais-tu m'aider à chercher mon collier de rubis ?"
Le petit rongeur répondit : "Tu n'as pas voulu m'aider,
Je ne vois pas pourquoi moi je le ferai."
La girafe repartit malheureuse.
La souris eut pitié d'elle et voulut qu'elle soit heureuse.
"Je te rends ton collier si tu m'aides à me régaler."
La girafe acquiesça, contente de récupérer son beau collier.

Moralité :
On a toujours besoin d'un plus petit que soi.

Sophie GSELL (6ème A)


La Souris et le Rhinocéros

Alors que dans la mare un poisson barbotait,
Un aigle mal élevé vint le déranger.
"Regarde-toi, pauvre poisson, tu es tout petit
Mais je ferais bien de toi le repas de mes petits !"
Le poisson courageux n'éprouva ni peur ni chagrin
Car il était beaucoup plus malin.
Il mit au défi l'aigle de l'attraper
En plongeant dans la mare sans se noyer.
Le grand aigle, un peu sot,
Ne se fit pas prier et fonça droit dans l'eau.
Le poisson, plus petit et bien moins lent,
Plongea profondément et échappa au grand gourmand
Dont le plumage tout mouillé
L'empêcha, à la surface, de remonter.

Moralité :
Être grand et fort ne vaut pas mieux
Que d'être petit et intelligent.

Ilana TRUTT (6ème A)

 

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